Amérique du Sud 2019-202x

durée indéterminée - en solo - Suzuki DR650

Le voyage se poursuit

8 décembre 2019  —  Divers
Parc national Lauca - Chili
Souvent, on me dit que je n'ai jamais de photo de moi. Alors, pour compenser, en voici une en tenue d'Adam, dans une source chaude à plus de 4000 mètres au Chili.

Ça fait longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles. Depuis mon dernier blogue en Équateur, publié le 18 septembre 2019, il s'est écoulé plus de 3 mois. Ne vous inquiétez pas, tout va bien et je profite encore de mon voyage, mais je suis encore débranché du monde virtuel. Ça me rappelle mes premiers voyages, pas de Facebook, Instagram, WhatsApp ou même la technologie préhistorique qu'on nomme courriel. À cette époque, j'envoyais des cartes postales... Je vais encore rester débranché jusqu'à mon retour au Québec...

Attendez un peu! Mon retour au Québec? Dans quelques années? Eh bien non, j'ai décidé de laisser la vie de voyage derrière moi et de rentrer au Québec pendant quelques mois. En effet, je continue ma route jusqu'à Santiago, la capitale du Chili, et ensuite je vais rentrer au pays pour me reposer. Cela devrait se faire autour de la fin janvier.

Laguna de Pujsa - Route de San Pedro de Atacama à Paso de Jama - Chili

Oui, je suis un peu fatigué d'être dans la tente ou bien les petits hôtels bon marché. Tanné de lutter avec mon équipement pour réussir à le ranger sur la moto. Moins émerveillé devant les beautés que la nature nous offrent. J'ai besoin de changer d'air. Je devrais passer 6-7 mois au Québec et ce sera un plaisir de revoir la famille et les amis. Par la même occasion, je vais pouvoir changer une partie de mon équipement défaillant. En effet, la tente prend l'eau et mes bottes également. Mon appareil photo est brisé, mais par chance toujours fonctionnel. J'ai aussi besoin de plusieurs pièces pour la moto. Oui, tout peut se trouver au Chili, mais à des prix ridicules. Les économies que je ferai au Québec payeront pour le billet d'avion. Incroyable, mais vrai!

Je n'ai toujours pas classé mes photos, alors vous n'en verrez pas sur le Pérou ou le Chili à part ce blogue. Par contre, j'ai rencontré des motards avec qui j'ai passé un bon moment et je voulais leur envoyer les photos que j'ai prises avec eux. Alors, en voici quelques-unes de ces beaux moments.

Chili
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Rencontre de gens super

Des motards rencontrés à San Pedro d'Atacama. De gauche à droite: Caroline, Priscilla et Steve.

À San Pedro d'Atacama, dans le désert chilien, j'ai rencontré le couple Steve/Priscilla de la Californie. Ils ont acheté des motos au Pérou et ils veulent se rendre jusqu'à Ushuaïa en Terre de Feu. J'ai également rencontré Caroline, de France, une voyageuse solo qui a acheté sa moto en Colombie et prévoit de faire une grande boucle de la Colombie jusqu'à la Terre de Feu et par la suite retourner en Colombie afin de vendre la moto.

Ensemble, nous sommes allés à la Lagune de Cejar, près de San Pedro. Cette lagune a une concentration de sel si élevé qu'il est très facile de flotter à la surface de l'eau, sans le moindre effort. Il est tellement facile de flotter que la nage en crawl est difficile, car notre derrière remonte trop à la surface et notre dos, trop arqué, devient douloureux. Une expérience incroyable à essayer! Malheureusement, cette belle expérience a eu un prix. Nous sommes restés moins de deux heures, mais mon dos blanc a brûlé au soleil et j'étais rouge comme un homard dans la soirée.

Chili
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La lagune de Cejar dans toute sa splendeur.
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Chili
Au retour de la lagune de Cejar, Steve en a profité pour faire une petite séance photo.
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Un bon souper entre motards.
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Détour par la Bolivie

Bolivie
Laguna Blanca.

Ce petit détour par la Bolivie n'était pas prévu dans mon itinéraire immédiat. J'avais l'intention de faire la route des lagunes et le Salar de Uyuni seulement après mon passage en Argentine et au Brézil. De son côté, Caroline prévoyait de continuer son périple en Argentine et ensuite continuer vers le sud. Cependant, nous avions la chance de partager la route pendant quelques jours et de nous aider mutuellement sur une route qui a la réputation d'être difficile en raison de l'altitude, du froid, des routes avec beaucoup de planches à laver et le pire, avec beaucoup de sections avec du sable.

Chili
Préparation avant le départ.

Après quelques discussions et hésitations, nous avons finalement décidé de faire quelques jours d'exploration ensemble. Il fallait s'assurer d'avoir assez d'essence pour le trajet et être certain de ne pas avoir de problèmes avec les manifestations qui ont vu l'expulsion du président du pays (Evo Morales) quelques semaines auparavant.

En effet, dans les jours précédents, plusieurs manifestations violentes ont eu lieu dans le pays; des frontières temporairement fermées, des routes bloquées, et aussi beaucoup de vandalisme. Essayer de forcer un barrage pouvait avoir des conséquences fâcheuses; au mieux, se faire crever les pneus et au pire, se faire battre par une foule en colère. Par contre, avant notre départ, le calme semblait revenu et en rétrospective, nous n'avons eu aucun problème.

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La Ruta de las Lagunas

Bolivie
Laguna Blanca.

Nous voici en Bolivie, dans la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa. Nous venons de commencer la fameuse Ruta de las Lagunas (la route des lagunes). L'altitude oscille autour de 4000-4500 mètres accompagnés de paysages fantastiques, mais aussi des routes horribles.

En fait, il y a plusieurs routes parallèles tracées par les 4x4 s'amusant à faire du hors-piste ou bien fatigué de rouler sur de la planche à laver. Le défi consiste à trouver la bonne afin de minimiser les inconvénients à moto. Les 4x4 recherchent les routes nouvelles où il y a moins de planches à laver, mais, en contrepartie, ces routes sont très sablonneuses. Pour une moto, c'est le contraire, nous avons préféré les routes mieux tapées, même si parfois, nous en avions plus que marre de rouler sur une route cahoteuse.

Mais parfois, on ne choisit pas toujours le bon chemin...

Jour 1

Bolivie
Laguna Blanca.
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Notre camping pour une nuit.

À la fin de la première journée, nous avons dormi aux sources thermales de Polques. Il y a deux sites situés à quelques kilomètres l'un de l'autre. Le premier est très touristique et aménagé avec des huttes pour se changer. Le deuxième, celui que nous avons choisi, ne consiste qu'en un grand bassin de type " infinity pool ". Apparemment, il est un peu moins chaud que le site plus commercial, mais à choisir entre un site avec une dizaine de tours et des dizaines de personnes et un site où nous étions seuls, le choix est facile.

L'après-midi, quand nous sommes arrivés, nous avons profité d'un bon bain dans la paix et le silence, accompagné des flamants qui vaguaient à leur occupation habituelle, c'est à dire, se nourrir sans arrêt. Nous avons dormi à deux pas de la piscine et nous avions une vue spectaculaire sur la lagune.

Le lendemain, nous avons également pu profiter de la source chaude pendant un bon moment, avant que quelques guides sans clients ne s'y arrêtent pour prendre un bain.

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Nous profitons de la source chaude en toute tranquillité.
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Le lendemain, en raison du froid, on peut voir la vapeur...

Jour 2

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Les geysers Sol de Mañana.
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Pendant un moment, cette piste semblait facile, mais après un ou deux kilomètres, elle s'est transformée en une piste infernale. Oui, il y a eu quelques chutes et de nombreuses peurs.

Caroline a même eu le pied coincé sous sa moto et j'ai dû faire un sprint jusqu'à elle pour l'aider à s'extirper de son pétrin. Ouais, un sprint à 4500 mètres, ça ressemble plus à une marche au ralenti et j'avais l'impression que le coeur allait m'exploser. Mais, nous nous en sommes sorti indemnes.

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Une fois coincé sur cette piste, nous avons eu du mal en s'en sortir. Remarquez, sur la photo ci-dessous, que la piste est flanquée de bordures de sable assez hautes. Oui, oui, juste 20-30 centimètres environ, mais franchir un tel obstacle de sable avec des motos de 170 kg (celle de Caro) où 200 kg (la mienne), c'est loin d'être facile.

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Comme nous ne pouvions plus continuer sur cette piste, nous avons décidé d'en sortir. Nous avons réussi à sortir la moto de Caroline pendant que je la poussais, mais le contraire a été plus difficile. Je me suis calé dans le sable et j'ai dû enlever tout mon équipement. Vous me direz que ce n'était pas si compliqué, mais je vous rappelle qu'à 4500 mètres tous les efforts sont beaucoup plus difficiles en raison de la haute altitude.

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Finalement, après cette éprouvante journée, nous sommes arrivés fatigués à l'Arbol de Piedra (l'arbre de pierre) où des travailleurs nous ont offert de dormir dans un édifice qu'ils construisaient. Les problèmes n'étaient pas terminés, car même partiellement à l'abri, les tentes ont été difficiles à monter en raison du vent.

J'ai été témoin de la colère de Caroline contre le désert, la poussière et le vent. Une colère que j'ai partagée, mais plus calmement. En rétrospective, ce fut une journée très mémorable pour ces épreuves et aussi pour la beauté et la dureté de cet environnement.

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La structure où nous allons dormir.
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Même entre ces murs, le vent balayait les tentes.

Jour 3

La dernière journée sur la route des lagunes fut très plaisante. La route de sable avait laissé sa place à une route cahoteuse de grosses pierres. Ce genre de route est un calvaire pour les 4x4, mais un plaisir à faire en moto.

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Laguna Hedionda.
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Laguna Canapa.
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Salar de Uyuni

Bolivie

La deuxième étape de notre excursion en Bolivie fut pour le Salar de Uyuni, le plus grand salar du monde. Ce fut une expérience grandiose, mais difficile à décrire. Le salar est une vaste plaine de sel, parsemé de quelques îles de roches et de cactus. Quand je dis grand, ça veut dire énorme...

Le salar s'étend sur une zone de 100 par 150 kilomètres environ. Imaginez, roulez sur une distance de 150 kilomètres sur un sol de sel. C'est incroyable. Les paysages sont également spectaculaires et d'une brillance incroyable. Il est quasiment impossible d'ouvrir les yeux sur ce paysage si l'on n'est pas protégé par une bonne paire de lunette de soleil. Le soleil, très fort à 3600 mètres, se réfléchit férocement sur le sol presque purement blanc de cette étendue de sel.

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L'île Incahuasi, la plus fameuse et la plus visitée des îles du salar.
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Nous avons préféré nous trouver notre petite île personnelle. Nous nous sommes rendus à l'île Phia Phia où nous avons établi notre campement pour la nuit. Sur l'île, on y trouve aussi la grotte du diable.

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La grotte du diable.
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Notre campement... Caroline dort à belles étoiles protégées par le muret de pierres.
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Uyuni

Finalement, notre séjour s'est terminé à Uyuni, une petite ville en bordure du salar. Tout près de la ville, il est possible de visiter un cimetière de train très intéressant.

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La suite du voyage

Voilà, toute bonne chose a une fin... Après une superbe semaine en compagnie de Caroline, nos routes se séparent. Je retourne à San Pedro au Chili et Caroline continue son périple vers l'Argentine. Ce fut très agréable d'avoir une excellente partenaire de voyage pendant ces quelques jours et une expérience géniale.

De retour au Chili, je vais poursuivre ma route jusqu'à Santiago. De là, je vais visiter la région immédiate autour de la capitale avant de mettre fin à cette étape du voyage. Comme déjà mentionné, je vais retourner au Québec pour quelques mois afin de me reposer et voir la famille et les amis.

D'ici là, je ne mettrai pas mon site à jour. Il vous faudra attendre mon retour au Québec avant de voir les nombreuses photos que j'ai prises au Pérou et dans le reste du Chili...

Chili
La Portada, près d'Antofagasta.
Chili
La côte, près d'Antofagasta.